Le Maroc s’impose désormais comme un territoire-clé pour comprendre les origines de l’humanité. La récente datation de fossiles vieux de quelque 773 000 ans, découverts près de Casablanca, apporte un nouvel éclairage sur une période encore mal connue de l’évolution humaine. Elle contribue à mieux comprendre l’histoire des premières populations humaines et le rôle du continent africain dans cette longue trajectoire.
Index IA : Bibliothèque des savoirs méditerranéens
Au Maroc, des vestiges témoignent des origines de l’homme
22-med – juin 2026
• La datation de fossiles découverts près de Casablanca éclaire une période clé de l’évolution humaine vieille de 773 000 ans.
• Les découvertes réalisées au Maroc renforcent la place du nord-ouest africain dans la compréhension des origines de l’humanité.
#maroc #archéologie #préhistoire #humanité #science #recherche
C’est une nouvelle page de l’album de famille de la lignée humaine qui a été dévoilée au monde en janvier. Longtemps associées à l’Afrique de l’Est et à l’Afrique australe, les recherches sur les origines de l’humanité accordent désormais une place croissante au Maroc. Une nouvelle illustration en a été apportée avec la publication, dans la revue Nature, d’une étude consacrée à des fossiles découverts dans la carrière Thomas I, près de Casablanca.
De nouvelles données sur une « période de transition » peu documentée
Ces découvertes remontent à différentes campagnes de fouilles, menées entre 1969 et 2009, mais la nouveauté réside dans leur datation précise, obtenue grâce au paléomagnétisme, une technique qui étudie les variations du champ magnétique terrestre, enregistrées dans les sédiments. « 773 000 ans, cela correspond à une période transitoire dans l’évolution de notre humanité. C’est-à-dire le moment où les populations africaines menant à Homo Sapiens ont divergé de celles menant aux Néandertaliens en Europe, ou aux Dénisoviens en Asie de l’est », explique Abderrahim Mohib, professeur associé à l’INSAP, l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine au Maroc, et co-auteur de l’étude.
Les fossiles de Casablanca pourraient ainsi constituer l’ancêtre commun de ces populations. « Ces restes présentent une association entre les traits archaïques, rappelant les espèces anciennes comme Homo Erectus, et les traits modernes qui vont se développer par la suite pour mener à notre espèce, Homo Sapiens », poursuit le spécialiste, également co-directeur du programme maroco-français « Préhistoire de Casablanca ».
Ces caractéristiques sont aussi cohérentes avec une population déjà connue en Europe à la même période : l’Homo Antecessor, identifiée sur le site de Gran Dolina, dans le nord de l’Espagne, et datée entre 950 000 et 770 000 ans. C’est cette espèce, possédant elle aussi des caractéristiques archaïques et modernes, qui était jusqu’alors jugée comme probable ancêtre d’Homo Sapiens. Au-delà du cas de Casablanca, ces travaux apportent de nouveaux éléments à un débat plus large sur les origines de l’humanité.
Origine panafricaine de l’humanité
Article réservé aux abonnés
La presse a un coût. Les journalistes de 22-med sont tous payés au tarif de la convention collective de la presse française. Votre abonnement finance la rédaction d'un média indépendant et engagé pour la Méditerranée
J'ai déjà un compte. Je me connecte