Grèce

À Foufa, donner son sang fait partie de l’identité locale

Dans la région de Kozani, au nord de la Grèce, un petit village semi-montagneux de 250 habitants permanents a fait du don du sang une véritable culture locale. Presque chaque foyer compte un donneur bénévole. À Foufa, ce n’est pas considéré comme un geste ponctuel de solidarité, mais comme une composante de la culture quotidienne de la communauté. Une valeur transmise de génération en génération.

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À Foufa, donner son sang fait partie de l’identité locale
22-med – juin 2026
• Dans ce village grec de 250 habitants, le don du sang est devenu une culture collective.
• L’association de Foufa dépasse les collectes et construit un réseau local d’entraide.
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En 2015, cinq amis ont choisi de structurer cet engagement en lançant l’Association des donneurs de sang bénévoles de Foufa. Créée sans répondre à une urgence particulière, l’association compte aujourd’hui 250 donneurs bénévoles issus aussi bien de Foufa que des villages voisins. À ce jour, elle est parvenue à collecter plus de 1 180 poches de sang qui ont permis de répondre aux besoins de patients et à des situations d’urgence dans toute la Grèce. Ces donneurs bénévoles se mobilisent également lors de situations d’urgence, comme les accidents de la route.

A l’origine du projet et donneur de sang régulier depuis 1982, Sifis Parlamis est l’un des cinq membres fondateurs de l’association. Il suit son évolution depuis le premier jour de son fonctionnement. « À chaque collecte de sang, c’est comme si nous faisions la fête au village. Il y a plus de monde que lors des élections. Il existe des familles avec quatre enfants et les quatre sont donneurs de sang », explique-t-il, en soulignant que le plus difficile n’est pas de maintenir actifs les donneurs les plus âgés, mais d’attirer les plus jeunes. « Peut-être parce que les nouvelles générations ont rarement vécu des situations difficiles. À l’inverse, les personnes plus âgées, qui ont traversé beaucoup d’épreuves dans leur vie, viennent plus facilement donner leur sang pour leur prochain. »

Lui-même mène presque quotidiennement des actions de sensibilisation à l’importance du don du sang, dans les villages voisins. Cet effort quotidien a porté ses fruits puisque leur exemple a inspiré la création de deux structures similaires à Galateia et Olympiada, tandis qu’une initiative comparable est déjà en préparation à Variko. « Notre village perd des habitants au fil des années et cela semble devoir continuer. C’est pourquoi nous essayons de transmettre le “virus” du don du sang aux villages voisins et, à chaque collecte, nous avons presque dix nouveaux donneurs. »

Quand la peur devient un obstacle

Selon Sifis Parlamis, l’un des principaux obstacles reste l’appréhension. Beaucoup hésitent à devenir donneurs parce qu’ils craignent les aiguilles ou la vue du sang, tandis que certaines personnes se sentent mal et s’évanouissent lors de leur premier don.

« Cela nous est arrivé de nombreuses fois.Un donneur qui a un malaise reprend ses esprits après environ trois minutes, une fois que nous lui avons relevé les jambes. Ensuite, nous lui donnons un peu d’eau et du jus d’orange naturel. Certaines personnes renoncent à redonner leur sang après cette expérience, elles prennent peur. C’est là qu’il faut travailler pour les convaincre de revenir. C’est difficile », explique-t-il.

Lui-même ainsi que les autres membres de l’association prennent en charge les personnes effrayées par leur première expérience afin de les rassurer et de les encourager à essayer à nouveau lorsqu’elles se sentent prêtes. « Pas immédiatement, seulement lorsqu’elles se sentent en sécurité. Certains se sentent prêts après six mois, d’autres après un an, chacun a besoin de son temps. Nous ne les mettons pas sous pression. D’autres ne souhaitent plus redonner leur sang après un tel épisode. Bien entendu, nous respectons totalement leur choix. »

Une culture du don

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