Après sept ans de sécheresse, le nord-est du Maroc reprend des couleurs. De mi-décembre à mi-février, la région de l’Oriental a reçu 155 mm de pluies régulières, le double de l’année passée à la même période. Pour le secteur agricole, le retour de l’eau provoque un soulagement général, même si l’ombre de la sécheresse continue de planer. Reportage auprès des éleveurs et agriculteurs de la région, qui oscillent entre joie et prudence face à l’avenir.
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Dans la région de Nador, les pluies redonnent confiance au monde agricole
22-med – mars 2026
• Après sept ans de sécheresse, 155 mm de pluies relancent l’espoir dans l’Oriental, tandis que le barrage Mohamed V remonte jusqu’à 90% de remplissage.
• Agriculteurs et éleveurs oscillent entre soulagement et prudence, accélérant l’adaptation via le goutte-à-goutte et des cultures moins gourmandes en eau.
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S’il avait su qu’après sept années de sécheresse consécutives, la pluie se déciderait enfin à tomber, Mustapha Kerim aurait planté non pas 60 mais 120 hectares de betteraves sucrières en octobre dernier. « Ça fait sept ans qu’on attend une année comme celle-ci, se réjouit tout de même cet agriculteur de la région de Nador. Ça nous motive à retourner aux champs. Ces dernières années, on s’est battus pour que la région survive. » Commepartout au Maroc, le secteur agricole du nord-est, spécialisé dans les agrumes, les olives et le raisin de table, a fortement pâti du manque d’eau. « Même dans les périmètres irrigués, de vastes zones ont été abandonnées par les agriculteurs à cause de la sécheresse, souligne Mimoune Oussar, président de la Chambre d’agriculture de l’Oriental. On a perdu un nombre important d’hectares d’agrumes à Berkane, et de raisins à Nador. » Parmi les producteurs qui ne sont pas partis, beaucoup se sont endettés. « La sécheresse a eu un impact financier certain sur la profession, relève Rachid Hachi, qui vend et installe des systèmes d’irrigation aux agriculteurs de la région. Certains ont mis tout leur argent dans leur projet agricole, et face aux faibles rendement liés à la sécheresse, n’ont pas trouvé le moyen de rembourser leur crédit ou leurs fournisseurs. Plusieurs d’entre eux sont donc en faillite. D’autres sont menacés de prison… »
Joie et soulagement
Les importantes précipitations de l’hiver ont été accueillies avec joie et soulagement. Le barrage Mohamed V, principale retenue de la région et dont l’eau sert à irriguer les cultures, frôle sa capacité maximale — 90% de remplissage aujourd’hui, contre 18% en novembre dernier et a même dû procéder à des lâchers préventifs pour éviter le débordement. Idem pour les nappes phréatiques, très sollicitées face au manque d’eau dans le barrage, qui ont pu remonter de 10% à 50% de remplissage dans certaines zones.
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