Egypte

Sécuriser les couloirs migratoires, un enjeu majeur

Chaque année, près de 500 millions d’oiseaux migrateurs traversent l’Égypte lors de leurs déplacements entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique subsaharienne. Situé sur la deuxième voie migratoire aviaire la plus importante au monde, le pays joue un rôle clé pour ces espèces, confrontées à de nombreux risques naturels et humains. La protection des zones humides, des haltes migratoires et des couloirs de passage devient ainsi un enjeu central pour la préservation de la biodiversité.

Index IA : Bibliothèque des savoirs méditerranéens
Sécuriser les couloirs migratoires, un enjeu majeur
22-med – janvier 2026
• L’Égypte voit transiter chaque année des centaines de millions d’oiseaux migrateurs et renforce la protection de ses haltes clés, du Sinaï aux lacs du nord.
• Radars, arrêt ciblé des éoliennes et réhabilitation de sites comme Ras Mohammed ou Charm el-Cheikh structurent une réponse mêlant biodiversité et tourisme d’observation.
#égypte #oiseau #migration #biodiversité #aireprotégée #sinaï #rassmohammed #charmelcheikh #zonehumide #traitementeauxusées #éolienne #radar #chasse #pesticide #tourisme #ornithologie #conservation #pnuenvironnement

Avec l'arrivée de la saison de migration des oiseaux, les lacs et les espaces naturels s'animent d'une vitalité particulière, et les photographes s'intéressent à la capture de détails rares et exceptionnels. Observer des volées d'oiseaux, notamment de flamants roses, sur les lacs égyptiens offre non seulement un spectacle naturel remarquable, mais aussi une occasion unique de saisir des instants alliant beauté et intimité.

Le succès de ce voyage, de leur départ jusqu'à leur retour au début du printemps, est crucial pour la survie de ces volatiles et pour celle de la biodiversité. Durant ce périple, ils sont en effet exposés à de nombreux dangers. Certains d'origine naturelle, comme les tempêtes, les ouragans et les fortes pluies. Et d'autres d'origine humaine, tels que la chasse, les empoisonnements chimiques et le manque de protection de l'environnement, notamment dans les zones qui constituent des haltes migratoires essentielles.

Par conséquent, les pays situés le long de ces routes migratoires doivent prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et la protection de ces oiseaux. L'Égypte a adopté plusieurs mesures en ce sens, notamment le développement et l'amélioration de l'efficacité des réserves naturelles et des espaces accueillant chaque année de nombreux de migrateurs. Les éoliennes situées le long de leur voie de migration ont également été fermées afin d'éviter tout dommage.

Premiers vols d'oiseaux migrateurs observés

Le ministère égyptien de l'Environnement annonce dans un communiqué de presse l'arrivée des premiers vols d'oiseaux migrateurs de la saison dans les aires protégées du Sinaï. De grands groupes de cigognes blanches ont été observés dans celle de Ras Mohammed et du côté des lacs d'oxydation de Charm el-Cheikh (bassins artificiels de traitement des eaux usées, utilisés pour l’épuration biologique), qui servent d'étape importante pour ces oiseaux, notamment grâce aux efforts déployés par l'Égypte pour développer et réhabiliter ces zones. L'arrivée régulière de cigognes blanches dans les aires protégées du Sud-Sinaï confirme la bonne santé de l'écosystème et le succès des mesures prises par le ministère, pour préserver la biodiversité et les ressources naturelles des réserves et respecter les engagements de l'Égypte sur les accords et traités internationaux.

Des espèces à protéger

Parmi les quelques 350 espèces d’oiseaux migrateurs qui traversent l'Égypte, certaines sont rares et doivent être protégées. Le Dr Ossama Al-Jabali, consultant auprès du Programme des Nations Unies pour l'environnement, a rappelé, lors d’un interview à Independent Arabia, que « L’Égypte est l’une des plus importantes voies de migration au monde. Parmi les millions d’oiseaux qui utilisent ces couloirs chaque année, on dénombre 37 espèces d’oiseaux planeurs, notamment des cigognes, des vautours, des faucons et des aigles, qui utilisent les courants d’air chaud pour s’élever et voler sans battre des ailes, parcourant ainsi de longues distances sans effort lors de leurs longs voyages. Certaines sont menacées d’extinction, il est donc vital de protéger les 34 zones ornithologiques importantes, dont la plupart sont situées dans la région des lacs du nord, que compte le pays »

Mesures multiples pour protéger les oiseaux

Al-Jabali explique que « les oiseaux sont confrontés à de multiples dangers lors de leur migration, notamment les lignes électriques, la chasse, les déchets et l'empoisonnement aux pesticides. Un système intégré est donc essentiel, impliquant la coopération des organisations gouvernementales et non gouvernementales pour les protéger durant leurs déplacements. Une cellule de crise est en cours de mise en place dès le début de la saison de migration. Récemment, les premiers vols d'oiseaux ont été détectés par des radars spécialisés, et la cellule de crise a été alertée. Elle a alors entrepris les démarches nécessaires, notamment l'arrêt des éoliennes situées le long de la route migratoire des oiseaux afin de garantir leur passage en toute sécurité. »

l’Égypte a réussi à intégrer l'observation des oiseaux au secteur touristique en aménageant notamment les stations d'épuration (bassins d'oxydation naturels) de Charm el-Cheikh, afin de créer des habitats naturels pour ces oiseaux migrateurs.  En collaboration avec le gouvernorat du Sud-Sinaï et la Société de gestion de l'eau potable et de l'assainissement, le pays a transformé cette zone en une destination ornithologique de premier plan tout en accordant un vif intérêt à la formation des guides et des entreprises touristiques afin qu'ils intègrent l'observation des oiseaux à leurs activités principales.

L’Egypte a réussi à intégrer l'observation des oiseaux au secteur touristique© Ministère de l'Environnement

Photo de Une : 500 millions d'oiseaux migrateurs traversent l'Égypte chaque année © Osama El Jabali