Grèce

Endiale, un modèle grec qui recycle 100 % des huiles usagées

L’entreprise ENDIALE entre dans une nouvelle phase de développement, portée par une stratégie axée sur l’innovation, les infrastructures et l’ouverture internationale. Grâce à un système de gestion qui réduit les pollutions et protège la santé publique, elle confirme la place de la Grèce parmi les acteurs de référence en Europe dans la gestion des huiles lubrifiantes usagées.

22-med s’associe au média grec ESGstories et publie le jeudi une sélection d’articles pour un regard scientifique sur les enjeux méditerranéens.

Par Faidra Mavrogiorgi

Avec une stratégie claire axée sur l’innovation, les infrastructures et l’ouverture internationale, ENDIALE entre dans une nouvelle phase de développement, confirmant le rôle de premier plan de la Grèce dans la gestion des déchets d’huiles lubrifiantes au niveau européen.

« Nous sommes premiers dans la gestion dans toute l’Europe et c’est quelque chose que nous avons obtenu grâce à un travail systématique », a déclaré le directeur général d’ENDIALE S.A., Giorgos Deligiorgis, soulignant que la prochaine période sera accompagnée de nouvelles activités, innovations et initiatives paneuropéennes.

Selon les données présentées, sur les 38 610 tonnes de déchets de lubrifiants, 31 448 tonnes ont été collectées, soit 81 % des huiles usagées produites, dépassant l’objectif national de collecte de 16 %, tandis que 100 % d’entre elles ont été orientées vers la régénération (avec un objectif national de 70 %).

Un point clé de la stratégie d’ENDIALE est la transformation numérique de la gestion. L’entreprise a procédé au remplacement complet des archives manuscrites par une application numérique, tout en équipant les collecteurs de tablettes.

« Nous avons entièrement remplacé les archives manuscrites par un système numérique qui nous donne une vision en temps réel », a indiqué M. Deligiorgis, précisant que l’application est déjà utilisée de manière généralisée.

Cette transition permet une supervision immédiate du parcours des déchets, renforçant la transparence, tout en entraînant des bénéfices environnementaux importants, comme l’économie d’environ 160 000 feuilles de papier par an et la réduction des émissions de carbone de 1 à 1,2 tonne.

Le système de gestion d’ENDIALE comprend environ 45 000 points enregistrés, dont 20 000 à 25 000 sont actifs.

« La Grèce a le coût le plus bas pour le producteur de déchets et, en fin de compte, pour le consommateur, grâce au savoir-faire du secteur », a-t-il souligné.

Le coût de gestion s’élève à environ 18 euros par tonne, soit jusqu’à quatre fois moins que dans d’autres pays européens, tandis que 100 % des huiles lubrifiantes mises sur le marché sont recyclées.

Investissements dans les infrastructures et le contrôle de qualité

Le renforcement des infrastructures constitue un pilier essentiel du développement, l’entreprise avançant sur de nouveaux projets dans des zones stratégiques du pays.

« Nous avons déjà procédé à l’acquisition d’un site dans la zone industrielle de Kavala et nous sommes dans la phase des études environnementales pour le transfert du centre de collecte », a indiqué le responsable d’ENDIALE.

Parallèlement, le centre de Thessalonique évolue vers un statut en propriété, avec pour objectif sa modernisation, tandis que les investissements totaux dans les infrastructures et l’innovation devraient dépasser 1 million d’euros.

Dans le même temps, l’entreprise renforce le contrôle de qualité des huiles usagées en investissant dans des équipements d’analyse modernes.

Réseautage européen et partenariats stratégiques

Dans le domaine des collaborations internationales, ENDIALE élargit sa présence en Europe à travers des partenariats à forte valeur ajoutée.

« Nous avons entamé une coopération avec le système italien CONOU pour l’échange de savoir-faire et des actions communes, avec comme prochaine étape la signature d’un protocole d’accord », a déclaré M. Deligiorgis.

En parallèle, une initiative paneuropéenne est promue afin de cartographier la situation des déchets, renforçant le rôle de la Grèce dans l’élaboration des politiques.

Pourquoi le recyclage des huiles usagées est crucial pour l’environnement et la santé

Derrière les performances, l’essentiel réside dans l’impact environnemental et social.

Les déchets d’huiles lubrifiantes peuvent provoquer une pollution grave des sols et des eaux, tout en affectant l’atmosphère. Leur gestion correcte contribue :

  • à éviter une pollution des surfaces aquatiques équivalente à celle de l’île d’Eubée
  • à empêcher la mise en circulation d’environ 27 000 tonnes de déchets dangereux chaque année
  • à réduire des émissions de CO₂ équivalentes à 9,5 millions d’arbres

Les huiles usagées contiennent des substances dangereuses, comme des métaux lourds et des hydrocarbures polyaromatiques, associés à des maladies graves.

La gestion organisée agit comme un mécanisme de protection essentiel, réduisant de 74 % les particules en suspension et de 96,8 % les émissions cancérogènes.

George Deligiorgis, directeur général d’ENDIALE, présente la stratégie du groupe © ESG+Stories

Photo de Une : les huiles usagées sont collectés avant traitement © Tony Wu - Pexels