« La Méditerranée se relit, se réinvente et s’explore sous des angles contrastés. Une chronique invite à renverser notre regard géographique hérité, tandis que l’urbanisme s’empare du modèle de la “ville-éponge” pour mieux gérer l’eau. En cuisine, le rouget-barbet rappelle la valeur des produits de saison. À Marseille, le PriMed célèbre le temps long du documentaire et son rôle dans la transmission des mémoires et du débat. »
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Chroniques méditerranéennes #2 Itinéraires d’un promeneur solitaire, de Rijeka à Sarandë
Longtemps je me suis représenté la Méditerranée à partir d’une image toute faite. Elle semblait comme « naturelle » pour un Français ou un Européen : l’Europe, au nord, est en dessus, et l’autre rive, africaine et arabe, au sud, est en dessous. Mais cette représentation, très largement répandue et dominante, n’est rien d’autre qu’une convenance, trop longtemps indiscutée. Le géographe andalou, Al Idrissi, qui travaillait pour le roi Roger II le Normand, en Sicile, représentait la Méditerranée tout autrement : l’Afrique est en dessus et l’Europe en dessous.
La “ville-éponge”, un modèle qui optimise la gestion de l’eau
Le paysage urbain a évolué vers des modèles plus durables et les solutions de drainage sont devenues indispensables. L’imperméabilisation des sols a fracturé le cycle hydrologique : dans la nature, près de 80% de l’eau s’infiltre et seule une petite partie s’écoule en surface, tandis qu’en ville, c’est exactement le contraire. Des SUDS (Systèmes de drainage urbain durable) cherchent à rétablir cet équilibre en imitant la filtration naturelle, réduisant ainsi les inondations et la pollution. Au Pays basque espagnol, une entreprise accompagne cette transition depuis 1998.
Quand un trésor de saison s’invite en cuisine
Pour les amateurs de poissons de Méditerranée, le moment est venu de célébrer une espèce de choix : le rouget‑barbet de roche. Poisson de taille modeste – autour de 20 cm – mais au parfum intense particulièrement iodé, il incarne l’automne car les alevins arrivent à maturité à deux moments de l’année : maintenant ou à la fin du printemps. Privilégier ces deux saisons, c’est garantir une qualité optimale du produit et protéger la ressource. Sur ma carte, j’ai toujours respecté cette saisonnalité. Côté cuisine, sa chair fine et délicate est pour les amateurs un appel à la simplicité gourmande ; même si le travailler commence par une étape fastidieuse.
À Marseille, le PriMed exalte le temps long du documentaire
Du 29 novembre au 6 décembre, le festival de la Méditerranée en image réunit à Marseille des films signés de réalisateurs venus de plus d’une dizaine de pays de la région : Bosnie-Herzégovine, Algérie, Liban, Italie, Israël, Palestine, Tunisie ou France. Cette manifestation est l’occasion de rappeler – à l’heure où les réseaux sociaux valorisent le temps court et même très court – la puissance du documentaire pour éclairer les crises, transmettre la mémoire et ouvrir le débat. Une dimension que le PriMed cultive désormais en sensibilisant les jeunes, puisque plus de 3000 lycéens des deux rives vont participer activement à cette édition 2025.